Les systèmes sont plus ou moins complexes. Ceux que nous étudierons répondent à la définition suivante :
Un
système est un phénomène identifiable pratiquant la régulation, composé
de sous-systèmes reliés entre eux permettant l'action, la prise de décisions
et la mémorisation des informations.
Exemple :
L'être humain, la famille, une entreprise, l'État sont des exemples de
systèmes
Un système existe, il est identifiable, différentiable de ce qui l'entoure. C'est un ensemble fini, borné par une frontière qui le sépare de son environnement.
Exemple :
Un avion, un être
humain, une entreprise sont des systèmes identifiables. Un être humain est
facilement identifiable ne serait-ce que physiquement.
L'environnement fournit des entrées au système qui lui permettent d’agir, d'opérer. Le système génère à son tour des sorties vers l'environnement.
Exemple :
Un être humain, une
machine, une entreprise sont des systèmes agissants.
L'être humain agit
pour atteindre un but : être
riche, être en bonne santé, être riche et en bonne santé, etc.
Une entreprise a comme
but de réaliser des profits.
Par les entrées fournies, l'environnement agit sur le système, lui impose des contraintes, influe sur ses objectifs et peut produire un changement d'état du système, c'est-à-dire un changement des propriétés qui le caractérisent. Le système réagit en régulant son comportement, c’est-à-dire en adaptant son action aux changements externes.
Exemple :
Un être humain, un
thermostat, une entreprise sont des systèmes régulés.
Si l'arrivée du virus
de la grippe fait passer un être humain de l'état «en bonne santé »
à l'état «fiévreux » celui-ci va réagir (prendre un bain, prendre
un médicament, etc.).
Avec la régulation, le système génère des informations rendant compte des changements d'état du système. Il y a circulation d'information, c'est-à-dire communication.
Exemple :
Un animal, un être
humain, une entreprise sont des systèmes informés sur leur comportement.
Le passage de l'état
«en bonne santé» à «fiévreux» est une information produite par l'être
humain ayant contracté la grippe. La fièvre est un des symptômes de la
grippe.
Le système génère de l'information qu'il est ensuite capable de traiter pour élaborer ses propres décisions de comportement.
Un système peut donc être décomposé en deux sous-systèmes : un système opérant et un système de décision.
Le système opérant agit en fonction du but assigné et fournit des informations sur l'état du système. Le système de décision exploite les informations fournies et prend les décisions d'adaptation qui s'imposent. Ces décisions sont mises en oeuvre par le système opérant qui fournit, en retour, des informations sur les résultats de l'action effectuée et ainsi de suite. On est en présence d'un mécanisme de rétroaction : ce qui sort du système influe sur ce qui y entre.
Exemple :
Un être humain, une
famille, une entreprise sont des systèmes qui décident de leur comportement.
L'arrivée de
l'information «état fiévreux » fait réagir l'être humain qui décide,
par exemple d'aller chez un médecin. L'exécution de cette décision et des
éléments qui l'accompagnent (prise de médicaments, etc.) fait revenir l'être
humain à l'état «en bonne santé».
Pour élaborer ses décisions, le système considère les informations sur son état actuel mais aussi les informations passées. Un système dispose donc d'un sous-système de mémorisation des informations qui interagit avec le système opérant et le système de décision.
Exemple :
Un être humain, une
famille, une entreprise sont des systèmes qui mémorisent.
L'arrivée annoncée
du virus de la grippe fait réagir l'individu en bonne santé qui décide se
faire vacciner plutôt que de risquer de tomber malade et de reprendre les médicaments
prescrits l'an dernier.
Un système est donc décomposable en trois composants de base interagissant l'un envers l'autre : le système de décision, le système d'information et le système opérant.
Chacun de ces sous-systèmes a lui-même toutes les caractéristiques d'un système : il est borné, il a un environnement, il a des entrées et des sorties, il agit, il est décomposable en sous-systèmes interdépendants formant un tout et organisés en fonction d'un but.
L'ensemble de ces caractéristiques est applicable à l'entreprise. On peut définir l'entreprise comme un système.
Étymologiquement rattachée à la notion de risque, l'entreprise peut être définie aujourd'hui comme :
Une
organisation économique intégrée dans un environnement. Elle est composée
d'êtres humains et de moyens (financiers, physiques, informationnels,...) réunis
en vue de produire des biens ou des services et de répartir des richesses.
Elle est organisée par un centre de décision (les dirigeants) disposant
d'une certaine autonomie et orientant les activités de manière à dégager
un excédent (un bénéfice).

Une entreprise est une organisation
identifiable intégrée dans un environnement. L'entreprise est constituée
d'individus et de moyens (financiers, physiques, informationnels, etc.) réunis
de manière durable.
L'ensemble des éléments externes susceptibles d'affecter (ou d'être affectés par) l'activité de l'entreprise constitue son environnement. Ces éléments externes peuvent être des individus, d'autres organisations mais aussi des réglementations ou des phénomènes.
Exemple :
Une décision
gouvernementale de modifier un taux de TVA constitue une donnée
environnementale affectant l'activité de l'entreprise (prise en compte au
niveau de la facturation, au niveau comptable, etc.).
Une entreprise est une organisation économique qui produit et qui répartit. L'entreprise est en interaction avec son environnement. Cette interaction se traduit par des échanges de toutes natures appelés flux. C'est cet ensemble d'échanges qui permet à l'entreprise d'agir, c'est-à-dire de réaliser son activité et d'atteindre ses objectifs à long terme (les finalités, la raison d'être de l'entreprise), à moyen terme (les buts qualitatifs de l'entreprise) et à court terme (les objectifs chiffrés de l'entreprise).
L'entreprise collecte des ressources (biens, monnaie, information,...) et opère des transformations grâce aux moyens dont elle dispose (les facteurs de production : le travail, le capital, l'énergie, les informations [savoir-faire, brevets,...], etc.) pour produire des biens et/ou fournir des services destinés à des marchés.
Grâce à ces transformations, l'entreprise produit des richesses qu'elle redistribue aux salariés et aux composantes de l'environnement : État, organismes financiers, fournisseurs, etc.
Les flux entrants et sortants échangés avec l'environnement sont baptisés flux externes pour les distinguer des flux internes au système entreprise.
Ces flux sont de trois natures : flux d'activité, flux de structure et flux d'information.
Les flux d’activité, ou de performances, sont les flux logistiques (matières premières, en-cours, produits finis, etc.) et les flux monétaires (trésorerie, capitaux, éléments financiers, etc.).
Les flux de structure sont les flux des équipements d'actifs (ateliers, bureaux, magasins) et les flux du personnel (salariés, intérimaires, représentants multicartes, etc.)
Les flux d'information sont composés d'éléments informels (culture, pressions politiques, pressions sociales,...) et d'éléments formalisés (marché de l'innovation [recherche et enseignement, brevets,…], sollicitations des partenaires économiques, actions commerciales des concurrents,...).
Exemple :
Dans une entreprise
commerciale, l'arrivée d'une commande reçue d'un client est un flux
d'information. Le règlement qui l'accompagne est un flux d'activité (flux
monétaire) et un flux d'information par les données qu'il véhicule (montant
du règlement, date de règlement, etc.). La fourniture de produits qui résulte
de la commande est un flux d'activité de sortie (flux logistique). Le bon de
livraison qui accompagne ce flux physique de marchandises est un flux
d'information.
L'ensemble des flux échangés par l'entreprise peut être représenté graphiquement par un diagramme des flux. L'entreprise est considérée comme une «boîte noire» transformant des entrées en sorties.
Des perturbations dues à l'environnement peuvent apparaître. L'entreprise doit disposer d'un ensemble de moyens et de méthodes lui permettant de contrôler son activité pour atteindre ses objectifs. L'entreprise dispose donc d'un sous-système, le système de décision, pratiquant la régulation à partir de flux informationnels.
Différents types de régulation
sont possibles : la régulation par anticipation à partir des flux d'entrée,
la régulation par erreur (ou régulation par écart) à partir des flux de
sortie (rétroaction).
Exemple :
Une diminution des
ventes entraîne la mise en place d'un plan de formation des vendeurs (régulation
par écart).
Pour contrer un
nouveau concurrent sur le marché de l’entreprise, une campagne publicitaire
sera lancée (régulation par anticipation).
Une entreprise s'informe sur son
propre comportement, mémorise les différentes informations et décide en
fonction de ces informations.
Une entreprise est un système
composé de trois sous-systèmes interdépendants.
Le système opérant (ou système opératoire) assure le fonctionnement du système en réalisant la production physique des biens et des services internes et externes. Il est relié à l'environnement par les flux externes et aux autres sous-systèmes par des flux internes d'information. Son activité est contrôlée par le système de décision.
Le système de décision (ou système de pilotage ou système de management) finalise l'entreprise en lui assignant ses objectifs. Il est relié aux autres sous-systèmes par des flux internes d'information. Il analyse l'environnement et le fonctionnement interne de l'entreprise. Il contrôle l'exécution des tâches du système opératoire et assure la régulation du système en concevant des scénarios de solutions. Aux deux types de régulation précédemment cités s'ajoute la régulation «par alerte» à partir d'informations signalant des dysfonctionnements internes. Par exemple, l'arrêt d'une machine sur une chaîne de production nécessite son réglage.
Le système d'information alimente l'entreprise en informations (d'origine interne ou environnementale), mémorise les informations, les traite et les communique aux autres sous-systèmes auxquels il est relié. Le système d'information constitue donc le lieu de passage obligé de toutes les informations de l'entreprise qu'elles soient externes ou internes.
Les informations internes
sont de différentes natures.
Les informations émises par
le système opérant à destination du système d'information sont des
informations détaillées renseignant sur les résultats obtenus par
l’activité.
Le travail du système
d'information consiste à mémoriser ces informations et à les synthétiser
pour les transmettre ensuite au système de décision.
Le système de décision
exploite les informations synthétiques reçues du système d'information. Il
prend des décisions et transmet ses ordres sous forme d’informations
incitatives.
Pour exécuter ces tâches, le système opérant utilise les
informations mémorisées par le système d'information.
Exemple :
Dans une entreprise commerciale on relève les flux d'information
suivants :
1.
commande client
2.
barème des prix de vente
3.
préparation livraison
4.
sortie de stock
5.
facture client
6.
statistiques des ventes

L'analyse systémique de l'entreprise est une approche en termes de flux. Elle met en évidence les interactions entre le système d'information, le système de décision et le système opérant et celles entre l'entreprise et son environnement.
On peut même aller plus loin en l'utilisant pour fournir une représentation détaillée des flux échangés entre les différents services (ou d'autres composantes internes) de l'entreprise.